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Chlef: sept jeunes non voyants passent le BEM déterminés à rejoindre le lycée

Sept (7) jeunes atteints de cécité passent ces jours-ci leur Brevet d’enseignement moyen dans la wilaya de Chlef avec la détermination farouche de signer leur passage au lycée et prouver ainsi que le handicap physique n’est pas une entrave au succès pour ces scolarisés de l’école des non-voyants de la cité Radar qui suivent les cours en braille  en conformité avec les programmes officiels du ministère de l’Education nationale.

« Nos élèves ont toujours fait preuve de capacités d’intégration exceptionnelles dans différents examens et concours qu’ils ont réussi haut la main », a assuré, à ce propos, le directeur de l’école, Cherif Bourahla, citant en exemple les sept élèves qui passent leur BEM, et dont les évaluations des moyennes annuelles vont de « bien » à « assez bien », a-t-il signalé.

Quant à Miloud Bouroudja, surveillant général au niveau de la même école, il a tenu à souligner les grandes capacités de ce groupe d’élèves qui suivent un programme scolaire en braille adapté à celui du ministère de l’Education nationale. Sachant que trois parmi ces élèves candidats au BEM habitent hors de la wilaya de Chlef, a-t-il indiqué.

Aussi, a-t-il assuré la mobilisation de tous les moyens en coordination avec la Direction locale de l’éducation afin de mettre les examinés dans les meilleurs conditions possibles, en leur assurant notamment un encadrement psychologique et nombre de facilitations susceptibles de les aider à s’adapter aux conditions d’un centre d’examen « normal », dont le centre d’examen du lycée « El Ouancharissi » où ils passent les épreuves du BEM.

Selon la psychologue de l’école, Bakhta Aàzi, ce groupe d’élèves a déjà bénéficié, à deux mois des épreuves du BEM, d’une préparation psychologique individuelle et en groupe, « pour les mettre en condition, car ils sont examinés dans un centre pour élèves  » normaux » (voyants), à cela s’ajoute la garantie d’une prise en charge médicale et psychologique dans le cas de la survenue d’une crise, le jour de l’examen ».

Evaluant le niveau d’intégration de ces élèves non voyant au centre d’examen du lycée « El Ouancharissi », Mme Aàzi a jugé leur état psychologique « bien meilleur » au 2ème jour de l’examen, comparativement au premier jour, estimant que cela est dû au fait qu’ils se sont mieux adaptés aux conditions d’examens, contrairement au premier jour.

 

La psychologue de l’école s’est montrée, en outre, très optimiste quant au rendement de ces élèves, prévoyant des résultats « très positifs », selon les échos recueillis auprès d’eux à la sortie des classes d’examens, a-t-elle souligné.

L’Ecole des non-voyants de Chlef fait office de centre régional dans le genre. Elle compte quelque 82 élèves issus de Chlef, mais aussi de Relizane, Tiaret, Tissemssilt et Ain Defla, auxquels une prise en charge totale est assurée en régime internat. Sachant que les élèves des wilayas voisines de Chlef, comme Ain Defla et Relizane bénéficient d’une permission de sortie hebdomadaire, alors que ceux de Tiaret et de Tissemssilt vont chez leurs familles tous les 21 jours .

 

Abdelkader Mira ..ou comment vivre son handicap loin de la chaleur familiale 

 

Abdelkader Mira fait partie de ces sept garçons à la volonté sans égale. L’adolescent, originaire de la commune de Djelida, dans la wilaya d’Ain Defla, a rejoint l’Ecole des non-voyants de Chlef depuis déjà trois (3) ans.

Eloigné pour la première fois du cocon familial, Abdelkader a pu se construire un monde à lui, où faire face au handicap est un défi de tous les jours, qui n’entame en rien sa volonté d’aller loin dans ses études, pour devenir un enseignant de langue arabe.

Rencontré par l’APS à la sortie des classes des épreuves de la matinée, le garçon semblait plein de confiance en ses capacités de décrocher le sésame lui permettant d’accéder au lycée.

Relatant son parcours scolaire, il indique à l’APS avoir été inscrit au début dans une école primaire « normale », où son handicap physique ne lui permettait pas d’assimiler pleinement les cours dispensés, avant d’être conseillé par un enseignant de rejoindre l’Ecole des non-voyants de Chlef.

Armé de sa détermination à réussir dans ses études, le garçon sacrifia le confort familial pour cet établissement spécialisé, où ses notes sont jugées « bonnes » de l’avis du staff enseignant.

« Ici, la méthode d’enseignement (braille) me convient parfaitement », assure-t-il, ajoutant que la gentillesse du staff enseignant, et de ses compagnons de classe comblent quelque peu l’absence de sa famille.

Pour la psychologue Bakhta Aàzi, l’éloignement de l’enfant handicapé de sa famille est à l’opposé des règles prescrites pour un bon développement psychique, estimant que le cas d’Abdelkader est une exception, considérant qu’il fait face à deux handicaps (cécité et éloignement de la famille) avec  un courage admirable.

Elle a souligné, à ce propos, que les élèves rejoignent généralement cette école à un âge précoce (6 ans) afin de faciliter leur intégration, au moment où Abdelkader « a réussi son intégration, en un temps record, en dépit du fait qu’il a rejoint l’école assez tard », a-t-elle relevé.

Mme. Aàzi s’est dite, en outre, « très confiante quant à l’avenir scolaire de cet élève, au vu de son potentiel », affirmant que l’école de Chlef compte nombre de modèles de réussite, citant en exemple six (6) anciens élèves de cet établissement, devenus aujourd’hui des enseignants au sein de la même école.

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